Aly raconte

« Model home » de Rivers Salomon

· Alysson

Sur Instagram, lorsque j’y étais encore active, je suivais @Lire.au.nord qui avait conseillé ce livre en story. Ce qu’iel disait m’avait séduite et j’ai finalement succombé à l’appel du capitalisme, une fois de plus. 🥺

Contexte & synopsis

Dans la parfaite petite banlieue d’Oak Creek, au Texas, il fait bon vivre. Quand on est blanc. Les Maxwell sont la seule famille noire à vivre dans ce quartier modèle. À leur emménagement, ils ressentent très vite l’hostilité de leurs voisins, mais aussi celle de leur propre maison. Entre cauchemars et fantômes, les enfants Maxwell, Ezri, Eve et Emmanuelle, vivent une enfance teintée d’horreur auprès d’un père absent et d’une mère tyrannique, qu’ils s’empressent de fuir dès leur passage à l’âge adulte. Quand, des années plus tard, Ezri est sans nouvelles de ses parents, iel se décide à revenir dans cette maison hantée avec ses sœurs et confronter leur passé.

Comme la quatrième de couverture l’indique, on suit une famille noire dans un quartier blanc au Texas (que pourrais-t’il mal se passer dites-moi ?). Ezri et sa fille sont parti·e·s depuis des années en Angleterre pour fuir la maison. Celle-ci a une importance capitale dans le livre, une impersonalisation très forte. Dans « Model Home », la maison est le protagoniste et j’ai trouvé ça plutôt bien construit, ça met une ambiance un peu horrifique alors qu’il y a déjà un contexte haineux derrière.

Un peu trop de troubles ?

Le livre étant écrit par une personne queer noire, qui parle de personnes racisées, c’est, selon moi, la partie la plus intéressante de bouquin. On sent vraiment l’hypocrisie blanche, le système dans lequel iels vivent et les oppressions qu’iels subissent.

Comme je l’ai partagé à mon groupe de lecture, j’ai trouvé que le seul gros point négatif est ce rappel presque constant des enjeux sociétaux actuels sur les maladies mentales. Ça parle, à plusieurs reprises, de trouble dissociatif de l’identité (TDI), de trouble du spectre autistique, etc. Un peu comme de test de Bechdel-Wallace pour le cinéma, j’ai trouvé que ça n’ajoutait rien dans l’histoire. Que c’était une représentation pour avoir une représentation. Et d’autres troubles sont, quant à eux, bien dans le récit et ont une conséquence sur celui-ci. Donc je me permets d’émettre une réserve sur ces (petites) parties.

Conclusion

Alors en vrai, j’ai beaucoup aimé Model Home, la petite critique sur les troubles est vraiment minime. L’histoire est bien ficelée. La fin est réussie, d’ailleurs. Il y a des éléments de l’histoire qui sont assez durs à lire, parce que VSS (violence sexuelle et sexiste), parce que racisme, etc. Et j’aime beaucoup ces livres qui bousculent un peu ce privilège blancs, où on se dit qu’on peut vraiment être cringe, parfois souvent. Il est très contemporain sur les sujets abordés et dans la manière de les aborder. À lire, donc. 🙂‍↕️

Dans le même registre avec des personnes racisées, il y a aussi « Arpenter la nuit » qui est un giga coup de cœur, que je vous conseille également, si ça vous tente.

Prenez soin de vous. 🫶🏻

#supernaturel #queernormative #racisme #roman

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